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Lundi, 8 février 2010
Les choses semblaient aller tellement mieux à la fin de l’année 2009, que l’on avait presque l’impression de sortir d’un mauvais rêve. L’économie s’était relevée, disait-on. La croissance économique américaine pour le quatrième trimestre allait en surprendre plus d’un, semblait-il. Même qu’il devenait nécessaire de penser au moment approprié pour remonter les taux d’intérêt.
La croissance économique du dernier trimestre n’a pas déçu, même qu’elle a été supérieure aux prévisions. Les économistes tablaient sur une augmentation du PIB réel d’environ 3,5 %, mais le premier estimé publié la semaine dernière a plutôt révélé une hausse de 5,7 %.
Mais ceux qui examinent à fond ces données, tel le service des Études économiques de Desjardins, ont été vite refroidis. “ Les sources de cette croissance ne sont pas généralisées et elles sont surtout issues des mesures gouvernementales de relance et du renversement de la correction des stocks et non d’une hausse robuste de la demande intérieure privée “, disent les économistes de Desjardins.
Et d’autres problèmes sont soudainement apparus. La solvabilité de la Grèce est revenue à l’avant-plan de l’actualité. La Chine a commencé à opérer un resserrement des conditions économiques en annonçant un relèvement des réserves que doivent maintenir les banques chinoises, ce qui se traduira par moins de prêts aux entrepreneurs chinois, donc moins d’achats de matières premières aux États-Unis, ainsi qu’au Canada, bien sûr. Et aux États-Unis, l’administration Obama doit se débattre avec la perte de sa majorité au Sénat et une réforme bancaire qui peine à prendre forme et qui mine la crédibilité des dirigeants.
La preuve inexorable que les conditions économiques sont en train de changer pour le pire, la bourse américaine a été plombée de 4,2 % en seulement trois jours, et ce même avec l’annonce de l’étonnante croissance du PIB.
Revoir les prévisions pour 2010
Il faut donc revoir les perspectives économiques de 2010. Paul Krugman, le récipiendaire du prix Nobel d’économie l’an dernier répète que de nouveaux programmes de relance des gouvernements seront nécessaires pour maintenir à flot l’économie et pour éviter que le taux de chômage n’augmente encore plus. Mais la situation budgétaire des gouvernements, tous aux prises avec des déficits records, le permettra-t-elle ? Poser la question, c’est y répondre.
Une chose est sûr, les taux d’intérêt demeureront très bas. C’est du moins ce que pense Desjardins. Pour les États-Unis, ils disent:” L’économie demeure trop fragile pour supporter en resserrement de la politique monétaire. Le chômage élevé, les difficultés du crédit et la décélération prévue de l’inflation de base font qu’une augmentation des taux directeurs n’est pas prévue avant 2011”.
Et au Canada, pas de hausse avant au moins le dernier trimestre, selon Desjardins.
Mots clés Technorati : Économie, croissance économique, économistes, PIB, Études économiques de Desjardins, correction des stocks, demande intérieure, Grèce, Chine, États-Unis, Canada, matières premières, Obama, bourse américiane, Paul Krugman, prix Nobel d’économie, taux de chômage, taux d’intérêt, inflation, Desjardins
Lundi, 1er février 2010
Bien que les crises à gérer ne manquent pas présentement, Barack Obama s’attaque maintenant à la Cour suprême en dénonçant sa plus récente décision et en promettant de faire tout en son pouvoir pour la contester.
Le cas concerne une décision de la Federal Election Commission (FEC) d’empêcher un groupe conservateur appelé Citizens United d’utiliser ses propres fonds pour financer et promouvoir le film < Hillary:The Movie>, un documentaire très critique à l’endroit de la sénatrice qui tentait alors d’obtenir l’investiture du parti démocrate à l’élection présidentielle de 2008.
Par une décision de 5 voix contre 4, la Cour suprême a réfuté l’argumentation de la FEC qui veut limiter dans certains cas les contributions de sociétés américaines ou étrangères aux campagnes électorales.
Depuis la retraite en 2005 de la juge Sandra Day O’connor, qui assurait un fragile équilibre entre libéraux et conservateurs au sein de la cour, et son remplacement par le juge Samuel Alito, ainsi que le décès la même année du juge en chef William Rehnquist remplacé par le juge John Roberts, deux nominations de Georges W. Bush, la Cour suprême des États-Unis est majoritairement républicaine.
Les 5 voix conservatrices ont fait valoir le premier amendement à la constitution des États-Unis, soit celle qui garantie la liberté d’expression, pour justifier qu’il soit permis à quiconque en tout temps de financer un projet qui peut avoir comme conséquence de modifier l’opinion publique à la veille d’une élection.
Les 4 voix libérales insistaient pour leur part sur la nécessité de mécanismes pour empêcher que le résultat d’une élection à un poste public soit déterminé par la participation démesurée à la dernière minute d’un groupe d’intérêt, ce qui fausserait le jeu de la démocratie.
En somme, la question était de savoir si la sacro-sainte liberté d’expression permet à quiconque de s’ingérer dans le processus électoral au détriment peut-être de la démocratie elle-même ? La Cour suprême a répondu oui, ce qui a rendu Barack Obama furieux.
John Paul Stevens
Les décisions de la Cour suprême s’accompagnent généralement d’une opinion des juges qui ont voté contre. Dans le cas de FEC c. Citizens United , c’est le vénérable juge John Paul Stevens qui a rédigé l’opinion minoritaire. Le juge Stevens aura 90 ans en avril.
La bi-partisannerie de la Cour suprême est perçue par plusieurs comme un danger pour la démocratie américaine, et ce jugement en fournit sûrement un bel exemple. Dans son opinion, d’une grande sévérité à l’endroit de ses pairs, John Paul Stevens commence ainsi (je n’ai pas voulu traduire le texte afin de m’assurer de ne pas modifier le ton et le fond des propos du juge. ” The Court’s ruling threatens to undermine the integrity of elected institutions across the Nation. The path it has taken to reach its outcome will, I fear, do damage to this institution.” Et il poursuit:” Five justices were unhappy with the limited nature of the case before us, so they change the case to give themselves an opportunity to change the law.”
Le juge Stevens explique qu’il voit dans ce jugement un danger pour l’individu. ” The Court’s blinkered and aphoristic approach to the First Amendment may well promote corporate power at the cost of the individual and collective self-expression the Amendment was meant to serve. It will undoubtedly cripple the ability of ordinary citizens, Congress, and the states to adopt even limited measures to protect against corporate domination of the electoral process.”
Dans les années antérieures, la Cour s’était penchée à deux reprises sur une question similaire, soit les cas connus sous les noms de Austin et McConnell. Dans les deux cas, la Cour avait tranché dans l’autre sens. John Paul Stevens conclut alors :” The only relevant thing that has changed since Austin and McConnell is the composition of this Court ”.
Si le jeune président des États-Unis veut s’attaquer à la Cour suprême, son meilleur allié est probablement le vieillard qui y siège.
Mots clés Technorati : Barack Obama, Cour suprême, Federal Election Commission, Hillary, campagnes électorales, Sandra Day O’connor, Samuel Alito, William Rehnquist, John Roberts, liberté d’expression, démocratie, John Paul Stevens, Citizens United, bi-partisannerie, constitution américaine, premier amendement
Lundi, 25 janvier 2010
Tel que dans l’affaire du sauvetage d’AIG aux États-Unis où l’on accuse aujourd’hui la Réserve fédérale de New York d’avoir dissimulé de l’information qu’elle devait légalement fournir (voir billet du 13 janvier), la gestion de la crise des PCAA chez nous a donné lieu également à un camouflage d’information pertinente qui aurait pu faciliter la compréhension de ce qui passait, et qui sait, sa solution.
Rappelons les faits. En août 2007, sous l’impulsion de la Caisse de dépôt et placement du Québec, dirigée à l’époque par Henri-Paul Rousseau, le marché des papiers commerciaux adossées à des actifs (PCAA) est gelé, c’est-à-dire qu’aucun remboursement des titres venus à échéance ne sera effectué, ainsi qu’aucune transaction sur les titres en circulation. La raison, il faut restructurer ces instruments de dettes qui ne trouvent plus preneur à cause d’une crise de confiance quant au remboursement éventuel de ces papiers.
Les PCAA étaient des billets à court terme garantis par des paniers d’actifs cotés pour la plupart AAA par l’agence de notation Canadian Bond Rating Services (DBRS). Mais la crise de crédit commençait à pointer le bout de son nez à travers le monde, et les investisseurs canadiens qui détenaient les PCCA commençaient à douter de la réelle qualité de ces produits et ne voulaient plus renouveler leurs achats de PCAA lorsque ceux-ci venaient à échéance.
L’idée d’Henri-Paul Rousseau était de remplacer les PCCA qui étaient des titres à court terme par des titres à plus long terme qui viendraient à échéance en même temps que les actifs qui garantissaient les billets. Pour y arriver, il créa avec d’autres participants importants au marché, tels la Banque Nationale et le Mouvement Desjardins, un comité de restructuration dont la présidence fut confiée à l’avocat d’affaires bien connu Purdy Crawford. On comptait sur sa notoriété pour rétablir la confiance des investisseurs.
Purdy Crawford à Montréal
En octobre 2007, une conférence de presse est organisée à Montréal en après-midi, une autre avait eu lieu en matinée à Toronto, pour faire le point sur la restructuration des PCAA que l’on espérait avoir complétée pour Noël. Mandaté par un hebdomadaire québécois, j’ai eu l’occasion d’y assister.
Dans les médias, comme dans les milieux financiers, on mettait en doute la possibilité de restructuration, car circulait l’idée que la qualité des actifs qui garantissaient les PCAA étaient de beaucoup moins bonne qualité que ce que DBRS voulait bien laisser croire.
J’ai donc posé la question suivante à Purdy Crawford. Pourquoi ne pas prendre un des paniers d’actifs qui garantissent les PCAA, il y en avait 32, et de publier la liste ainsi qu’une évaluation de ces actifs ? Je lui ai même offert la première page de mon journal expliquant que si l’on démontrait que les actifs étaient bien de qualité AAA, la crise des PCAA se résorberait aussitôt d’elle-même.
Purdy Crawford a alors demandé à l’une des personnes qui l’accompagnaient de me répondre. Il s’agissait d’un jeune homme travaillant chez J P Morgan, une des grandes banques américaines à qui l’on avait demandé d’opérer la restructuration. Le type m’a alors répondu que l’on ne pouvait pas révéler cette information de peur que des concurrents profitent de la situation et rendent encore plus difficile, si ce n’est impossible, la restructuration. En somme, la même réponse que Timothy Geithner donnait la semaine dernière pour justifier la Réserve fédérale de New York de cacher de l’information relative au sauvetage de l’assureur américain AIG à l’automne 2008.
Catastrophe pour la Caisse de dépôt
La restructuration des PCAA n’a pas été complétée pour Noël 2007 comme l’espérait candidement Purdy Crawford. Il a fallu 15 mois de plus. On estime que les nouveaux titres émis pour de plus longues échéances ne valent pas aujourd’hui la moitié de ce que l’on disait que les PCAA valaient à l’époque. La Caisse de dépôt a perdu entre 5 et 7 milliards de dollars dans cette aventure, et Henri-Paul Rousseau a quitté la Caisse de dépôt emportant avec lui ses secrets. Quant à elle, la Banque Nationale et le Mouvement Desjardins ont perdu environ 2 milliards chacune. La grande majorité des compagnies québécoises, les sociétés gouvernementales et les organismes caritatifs ont perdu des centaines de millions.
En qui a trait à J P Morgan, on ne sait pas comment ils se sont débrouillés. Mais ils étaient les seuls à savoir ce qu’il y avait vraiment dans ces paniers d’actifs qui garantissaient les PCAA. Ils ont dû bien s’en tirer.
Mots clés Technorati : AIG, Réserve fédérale de New York, PCAA, papiers commerciaux à des actifs, Caisse de dépôt, Henri-Paul Rousseau, Canadian Bond Rating Services, DBRS, Banque Nationale, Mouvement Desjardins, Purdy Crawford, billets à court terme, restructuration, Montréal, évaluation d’actifs, J P Morgan, Timothy Geithner, compagnies québécoises, sociétés gouvernementales, organismes caritatifs
Le secrétaire au Trésor américain, Timothy Geithner, nommé à ce poste par Barack Obama en janvier 2009, aurait demandé que des informations pertinentes aux paiements faits à Goldman Sachs et à une dizaine d’autres grandes banques dans le contexte du sauvetage des banques en novembre 2008 ne soient pas rendus publiquement comme l’exigeait pourtant les règles de la Securities and Exchange Commission (SEC), l’organisme de réglementation des valeurs mobilières aux États-Unis.
L’assureur American International Group (AIG)
Rappelons les événements. American International Group (AIG), qui en 2007 était la plus grosse compagnie d’assurance au monde en terme de capitalisation boursière, était au cœur de l’opération de sauvetage du système financier à cause de son portefeuille d’assurance de crédit (credit default swaps-CDS). Un CDS est une assurance qui garantit le paiement du capital et des intérêts d’un instrument financier au cas où l’emprunteur serait incapable d’effectuer le remboursement.
Le marché des CDS servait d’abord à assurer les obligations des municipalités, mais il s’est ensuite étendu aux obligations des sociétés où il s’est développé de façon exponentielle, permettant à des institutions bancaires de bâtir de gigantesques positions tout en minimisant le risque. Par exemple, Goldman Sachs achetait des obligations de la société ABC qui rapportait 7 % et achetait en même temps un CDS émis par AIG qui lui coûtait 2 %. Ceci lui procurait donc un revenu garanti de 5 %. Goldman Sachs empruntait donc tout l’argent disponible qui coûtait moins de 5 %, et les profits s’accumulaient.
Tous les hedge funds et les autres grandes banques à travers le monde ont utilisé le même stratagème. De son côté, AIG faisait un fortune en émettant les CDS.
Lorsque la crise financière éclata en 2008, il devint rapidement clair qu’AIG n’allait pas avoir les capitaux nécessaires pour rencontrer ses obligations en regard des CDS qu’elle avait vendus. Ceci allait s’avérer évidemment catastrophique pour Goldman Sachs et tous ceux qui détenaient les contreparties des CDS.
C’est AIG qui a reçu les plus grosses sommes du programme de sauvetage du système financier, soit près de 200 milliards. Dans les faits, le gouvernement américain, par son programme de sauvetage, se substituait à AIG afin d’éviter un effet domino qui aurait menacé le système financier.
Paiement préférentiel pour la banque Goldman Sachs
Il appert que certaines banques, dont Goldman Sachs, auraient été favorisées en se faisant payer par IAG avec l’argent du gouvernement la valeur totale de leurs CDS, bien que les marchés indiquaient que ces titres pouvaient être négociés à un escompte important, ce qui aurait diminué les sommes à verser par le gouvernement. On estime que 13 milliards auraient pu être sauvés.
Cette opération de sauvetage a été orchestrée par la Réserve fédérale de New York, l’un des 13 bureaux régionaux de la Réserve fédérale américaine, mais évidemment le plus important. Au moment du sauvetage, Timothy Geithner était le président de la Réserve fédérale de New York. Le secrétaire au trésor était alors Henry Paulson qui avait été auparavant le président de Goldman Sachs.
La Réserve fédérale de New York veut étouffer l’affaire
Dans le cadre du programme de sauvetage, les institutions qui recevaient les fonds devaient divulguer à la SEC comment ils étaient utilisés. En novembre dernier, des courriels émanant de la Fed de New York demandaient délibérément à AIG de ne pas révéler que Goldman et les autres avaient récupéré 100 % de la valeur des CDS. Les courriels ont été obtenus par le député républicain de la Californie, Darrell Issa, qui est aussi un membre influent du Comité du Congrès sur la surveillance et la réforme du gouvernement.
La Réserve fédérale de New York tente de soustraire Timothy Geithner à toute responsabilité en prétendant qu’il s’était déjà éloigné de ce dossier étant donné qu’il était pressenti pour devenir le prochain secrétaire au Trésor. Elle tente aussi de se défendre en expliquant que le système financier était en crise et que le fait de donner trop d’information aurait pu être nuisible.
Le député Issa tentera sûrement de forcer Timothy Geithner à s’expliquer. Ce serait intéressant qu’il réussisse, car le témoignage du secrétaire arriverait à peu près en même temps que l’annonce des boni que toucheront les dirigeants et employés de Goldman Sachs qui viennent de connaître en 2009 une année record.
Au Québec également on a préféré limiter l’information lors de la crise des PCAA. Vous vous rappelez ces placements sécuritaires qui ont coûté 6 milliards à la Caisse de dépôt. J’en fus témoin. Je vous en parle la semaine prochaine.
Mots clés Technorati : Timothy Geithner, Trésor américain, Barack Obama, Goldman Sachs, Securities and Exchange Commission, SEC, valeurs mobilières, American International Group, IAG, capitalisation boursière, système financier, compagnie d’assurance, credit default swaps, CDS, hedge funds, banques, Réserve fédérale, Réserve fédérale de New York
Lundi, 11 janvier 2010
Dans son édition du samedi 27 décembre, le quotidien torontois The Globe and Mail comparait les prévisions économiques pour l ‘année 2010 de deux économistes, réputés selon eux parmi les meilleurs au Canada. Or, ce qui mérite mention selon moi, il s’agit de deux individus œuvrant pour des institutions financières québécoises, soit Stéfane Marion, économiste en chef à la Financière Banque Nationale, et Carlos Leitao, qui occupe le même poste chez Valeurs mobilières Banque Laurentienne.
Notons que bien qu’ils travaillent au sein de la filiale de courtage, ils sont tous deux l’économiste le plus haut gradé de leur groupe financier respectif. Les grandes banques ont confié il y a déjà quelques années leurs études économiques, du moins celles destinées au grand public, à leurs filiales de courtage. Seul le Mouvement Desjardins fonctionne différemment, le service des études économiques étant toujours rattaché à la Fédération des caisses populaires, la maison-mère, et non pas à sa filiale de courtage Valeurs mobilières Desjardins.
Que prévoient nos deux experts économiques?
La croissance économique : nul doute que la récession est bel et bien derrière nous, car Stéfane Marion, le plus optimiste des deux, prévoit une croissance de l’économie canadienne de 2,9 % pour l’année 2010, alors que Carlos Leitao anticipe pour sa part un bond de l’économie de 2,1 %. Tous les deux s’entendent à dire que c’est la demande domestique qui sera le moteur de la croissance économique canadienne en 2010, car les exportations, principalement celles vers les États-Unis, tarderont à retrouver leur niveau d’antan.
Le taux de chômage : il demeurera élevé, soit 8 % et plus, selon nos deux économistes. Il atteindra même 8,9 % durant le premier trimestre, pour ensuite reculer mais très, très lentement, selon Carlos Leitao.
Les taux d’intérêt : le gouverneur de la Banque du Canada continue de répéter que le taux de la banque centrale demeurera tout près de zéro au moins jusqu’au milieu de l’année. Stéfane Marion croit plutôt qu’il sera augmenté dès le mois d’avril. Il appuie cette prévision sur le fait que le système bancaire canadien n’est pas dysfonctionnel, comme l’est celui des États-Unis, c’est-à-dire qu’au Canada les banques ont les capitaux nécessaires pour jouer leur rôle de prêteur et ainsi faire fonctionner l’économie. Mais des taux aussi bas entraineront une hausse dangereuse du crédit. Il faudra rapidement des taux plus hauts pour assurer que le crédit disponible n’excède pas les besoins fondamentaux de l’économie, croit l’économiste de la Financière. Pour sa part, Carlos Leitao pense que la Banque du Canada haussera son taux seulement en juillet ou en septembre. Mais il pense également qu’il y aura plusieurs hausses successives qui feront en sorte que le taux passera de 0,25 % à 2 % d’ici le début de 2011. Avis à ceux qui doivent renouveler leur hypothèque.
Le dollar canadien : nos deux économistes ne prévoient pas trop de turbulence pour le huard en 2010. Stéfane Marion croit qu’il terminera l’année à 92 cents (U.S.). Il se situe actuellement autour de 95 cents. La hausse du dollar canadien au cours de la dernière année s’explique en grande partie par la faiblesse du dollar américain. Selon lui, les gens sont trop pessimistes en ce qui concerne le dollar américain. Il n’existe toujours pas de substitut à la devise américaine en tant que monnaie de réserve. C’est pourquoi le dollar américain pourrait rallier cette année. Carlos Leitao pense de même. Au mieux, toute hausse additionnelle du dollar canadien sera minimale, selon lui.
Économie imprévisible
Bien que la qualité du travail de ces deux économistes ne fasse selon moi aucun doute, leurs prévisions comportent néanmoins une marge d’erreur importante. C’est qu’il y aura fort probablement encore cette année un ou des événements inattendus qui viendront perturber la vie économique.
Le quasi-éclatement du système financier à l’automne 2008 et l’effondrement boursier durant l’hiver 2009 ont forcément laissé des séquelles que l’on ne perçoit pas encore, mais qui viendront tôt ou tard hanter ceux qui croient que l’économie est revenu à son état normal.
Tout semble aller maintenant beaucoup mieux. Depuis 9 mois, la bourse canadienne est à la hausse de 57%. Attention de ne pas verser dans la complaisance.
Je vous souhaite une bonne année 2010, mais n’oubliez pas que des événements imprévisibles ne manqueront pas de se produire.
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Lundi, le 4 janvier 2010
L’année 2009 avait commencé avec la spectaculaire assermentation du président Barack Obama. L’image que projetait le nouveau président et sa famille, et l’espoir du renouveau que son élection nourrissait avaient tellement captivé l’imagination des américains que son assermentation le 20 janvier avait été suivie par les médias et la population comme jamais auparavant.
Faut dire que les États-Unis, et à ce compte l’ensemble des pays industrialisés, étaient plongés dans une grave crise économique et financière. C’est quand ça va le plus mal que l’on cri désespérément au changement.
Le nouveau président n’a pas déçu. En quelques mois, toutes les mesures de sauvetage et de stimuli de l’économie étaient en place, et l’espoir d’un assainissement du système financier était bien vivant. Sa popularité était à son zénith.
Chômage, banque et Barack Obama
Mais dès l’automne, le taux de chômage avait atteint un nouveau sommet, et les banquiers semblaient être vite retombés dans leurs vielles habitudes. La popularité du président avait déjà fortement décliné, si bien qu’il semble alors avoir décider d’effectuer un blitz de fin d’année.
D’abord, il multiplie les coups d’éclats médiatiques, telles les apparitions à l’émission 60 Minutes du réseau américain CBS, où il explique comment l’économie est retombée sur ses deux pieds et où il traite les banquiers de “ fat cats ” devant un auditoire national.
Barack Obama et Copenhage
Ensuite, il atterrit à Copenhague quelques heures avant la fin de la conférence de l’ONU sur le climat et joue le rôle de sauveur en ficelant à la dernière minute une entente avec l’aide de la Chine, l’Inde et l’Afrique du Sud.
L’arrivée d’Obama lors du dernier jour de la conférence et l’entente qui en a suivi ne m’impressionnent guère. Son entrée en action tardive n’aura permis que de créer l’illusion de cette influence de l’homme que l’on décrit toujours aux États-Unis comme le plus puissant du monde. D’ailleurs, cette conférence qui avait commencée dix jours avant l’arrivée d’Obama, s’est avérée un échec retentissant selon l’avis de la majorité des observateurs indépendants. L’accord de dernière heure n’y a rien changé.
Enfin, j’ai trouvé particulièrement agaçant cette volonté de faire adopter absolument la réforme des soins de santé avant Noël. J’ai de plus en plus l’impression qu’il s’agit là d’un autre coup d’éclat qui ne servira pas nécessairement la réforme. Dans un dossier de cette importance, il m’apparaît dangereux d’établir une date butoir comme on l’a fait, car cela invite à trop de compromis pour ne pas rater le rendez-vous.
Discours sur l’état de l’union
Le mois prochain, comme c’est la tradition à chaque année en janvier, Barack Obama prononcera devant le Congrès et le Sénat réunis son premier discours sur l’état de l’union. J’ai peur que l’exercice serve principalement à relater les coups d’éclat, tels la relance économique, la conférence de Copenhague, la réforme des soins de santé.
J’espère sincèrement que ceux qui jugeront les propos du président verront au-delà du spectaculaire.
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Lundi, 28 décembre 2009
Le gouverneur de la Banque du Canada, Mark Carney, et le ministre des Finances, Jim Flaherty, semblent tous les deux d’accord quant aux risques que court toujours l’économie canadienne, et pour y faire face ils exhortent les canadiens à diminuer leur endettement. Mais ils n’ont sûrement pas l’appui de tous les experts.
En effet, le ministre des Finances vient d’annoncer qu’il veut resserrer les conditions du financement hypothécaire au Canada. Sans donner un objectif précis, le ministre informe d’abord que la mise de fonds minimale d’un acheteur de maison devra être éventuellement supérieure à 5 % comme c’est le cas présentement. Puis, il dit que les termes de l’amortissement, c’est-à-dire l’échéance du prêt hypothécaire, qui peut s’étirer sur 35 ans actuellement, devra dorénavant être plus courte.
Une semaine plus tôt, le gouverneur de la Banque du Canada avait déclaré que l’endettement des ménages canadiens était trop élevé et que cela s’avérait le facteur de risque le plus important qui pesait sur la reprise de l’économie canadienne. Tout indique que Carney et Flaherty voient les mêmes risques, car les mesures proposées par le ministre des Finances visent justement à réduire cet endettement.
Pourquoi s’agit-il du risque le plus sérieux que court l’économie canadienne, alors que la majorité des économistes s’entendent à dire que la récession est terminée ? J’aurais cru que l’endettement excessif peut causer un problème lorsque l’économie ralentit, non pas quand elle s’améliore.
De plus, plusieurs économistes se sont empressés de rétorquer que le projet du ministre des Finances risque de causer plus de tort que de bien à l’économie, car il affaiblira le marché de l’habitation, un secteur très important dans l’ensemble de l’économie. D’autres disent que la reprise économique est encore beaucoup trop fragile pour instaurer des mesures contraignantes comme celle-là.
Depuis l’automne 2008 les gouvernements et les banques centrales n’ont pas hésité à mettre à la disposition des agents économiques toutes les ressources financières nécessaires pour éviter un écroulement de la demande des biens et services qui aurait pu nous plonger dans une dépression semblable à celle des années 30.
Carney et Flaherty sentent probablement que le moment est venu de faire marche arrière et de corriger les déséquilibres, soit l’endettement des ménages, bien sûr, mais aussi les immenses déficits des gouvernements.
Si on commence par l’endettement des ménages, c’est que la Banque du Canada, qui garde toujours un œil sur l’inflation, voudra augmenter les taux d’intérêt à un moment donné l’été prochain, peut-être même dès le printemps. Une hausse de taux d’intérêt a toujours, on s’en doute, un effet malheureux sur les gens qui ont trop de dettes.
Mais aussi, si l’on réussit à réduire l’endettement des ménages, il sera d’autant plus facile de s’attaquer aux déficits des gouvernements, car qui croyez-vous devront se cotiser pour rembourser la dette du gouvernement ?
Une chose est sûre, c’est que les avis seront plus partagés que jamais quant aux politiques économiques à privilégier. La situation vécue au cours des deux dernières années n’a pas de comparable. Or, établir des politiques économiques sans point de repère est toujours une tâche particulièrement difficile. Ce sera le cas en 2010.
Mots clés Technorati : Banque du Canada, Mark Carney, ministre des Finances, Jim Flaherty, économie canadienne, financement hypothécaire, prêt hypothécaire, ménages canadiens, marchés de l’habitation, endettement des ménages, déficits des gouvernements, agents économiques, banques centrales, politiques économiques
À la surprise de bien des observateurs, dont votre humble blogueur, la Banque du Canada vient de conseiller aux investisseurs, grands et petits, de se méfier de la bourse. C’est dans sa publication de décembre intitulée “ Revue du système financier ” que la banque centrale s’est permis cette étonnante indiscrétion quant aux perspectives boursières.

La Banque du Canada analyse continuellement toute une gamme de statistiques et d’indicateurs économiques à partir desquelles elle publie des compte-rendus qui permettent aux observateurs de comprendre sa gestion de la politique monétaire. C’est son rôle. Mais de là à aller dire que la valorisation boursière est actuellement trop élevé, il y a toute une marge.
Voici des extraits des pages 21 et 22 de son document qui est disponible sur son site WEB. “ Au deuxième trimestre, la hausse des bénéfices tenait en grande partie aux mesures de réduction des coûts mises en œuvre, alors qu’au troisième, elle était aussi soutenue par la croissance des revenus. Pour que la récente embellie des marchés boursiers se maintienne, il faudra qu’à l’avenir les bénéfices soient générés par une hausse des revenus. Par conséquent, si les résultats à ce chapitre devaient se révéler décevants, les marchés pourraient se replier quelque peu ”, dit-elle.
Et elle enchaîne ensuite avec ce qui ressemble étrangement à une recommandation. “ Les indicateurs de l’évolution future ne sont pas unanimes certes, mais certains d’entre eux – le ratio cours/bénéfice prévisionnel entre autres – laissent croire que l’ampleur du relèvement du cours des actions pourrait ne pas être totalement justifiée compte tenu de la lenteur anticipée de la reprise “, dit-elle.
Malgré ce langage feutré, le message est clair. Elle nous dit que selon elle la bourse a trop monté. Vraiment étrange que la Banque du Canada se permette d’énoncer une telle opinion, qui pourrait être facilement être interprétée comme une recommandation de vendre. Va-t-elle nous dire également quand il faudra acheter ?
Le texte complet de la Banque du Canada.
Lundi, 14 décembre 2009
La session du parlement québécois s’est terminée vendredi dernier sans que ne soit lancée une enquête publique sur les malversations de secteur de la construction, comme le réclamaient tous les parties d’opposition, tous les éditorialistes et chroniqueurs des médias, ainsi que probablement une bonne partie de la population du Québec. Comment cela se fait-il que dans une société démocratique comme la nôtre, l’actuel parti au pouvoir puisse réussir à ignorer les demandes de tant de ses commettants ? Comment sommes-nous devenus si résignés devant la volonté et les décisions de nos dirigeants ?

L’apparence de malversations dans le secteur de la construction, et principalement celle liée à l’adjudication des contrats municipaux, était sûrement suffisante pour qu’à tout le moins le gouvernement démontre une ferme volonté d’aller au fond des choses.
Et ce n’était pas la première fois cette année que le gouvernement s’esquivait devant une question embarrassante à laquelle tout le monde exigeait une réponse. Rappelez-vous la saga de la Caisse de dépôt et de placement en début d’année. Là aussi le gouvernement Charest a esquivé la question, se contentant de réunir pendant quelques jours le Comité des finances. Henri-Paul Rousseau a su être suffisamment théâtral quand il le fallait pour désamorcer le débat. Et le Comité a réussi à éviter les témoignages plus importants de certains personnages liés de près aux transactions de PCAA, tel Luc Verville, que les ténors de l’opposition réclamaient pourtant à grand cri.
Non seulement, les questions suscitées par les performances désastreuses de la Caisse n’ont pas trouvé de réponses, mais ce gouvernement s’est même permis de nommer un nouveau président, Michael Sabia dans la plus grande controverse, à la suite d’un processus de sélection faisant fi de toutes les règles de transparence que l’on était en droit d’attendre d’un organisme qui après tout devrait avoir des comptes à rendre à ses déposants. Là encore, Jean Charest et son équipe ont esquivé tous les coups. Et six mois plus tard, les résultats de la Caisse continuent d’être mauvais, Michael Sabia est confortablement installé dans le fauteuil du président, et les critiques se sont tues. Le même sort semble guetter l’enquête publique sur le secteur de la construction et les octrois de contrats municipaux.
Et il semble que cette façon de gouverner se poursuivra. En effet, Denis Lessard, journaliste à La Presse généralement très bien branché à Québec, écrivait vendredi dernier que le gouvernement Charest tiendra un sommet important sur les finances publiques autour du 21 janvier 2010. " Le premier ministre présidera l’évènement destiné à alimenter un débat déterminant sur le financement à long terme des services publics ”, écrivait-il.
Il y aura effectivement des décisions à prendre à Québec compte tenu de l’état des finances publics. Les choix risquent d’être douloureux. On pourrait être amené à augmenter de façon significative les tarifs d’Hydro-Québec. On pourrait aussi être amené à hausser la taxe de vente, pourtant déjà si élevée. Et ça alors qu’on entre au cœur des négociations de la prochaine convention collective des employés des services publics.
En politique, esquiver ça peut se faire de deux façons. D’abord, en ne tenant pas compte des critiques qui nous sont dirigés, mais aussi en faisant tomber la responsabilité de décisions impopulaires sur d’autres. Après avoir esquiver les coups au cours de la dernière année, le gouvernement du Québec se prépare maintenant des appuis pour expliquer des décisions qui seront sûrement impopulaires l’an prochain.
Notez que je ne suis pas contre la tenue d’un sommet sur les finances publiques. Mais j’aurais vraiment préféré qu’on le tienne après que l’on nous ait annoncé d’abord une enquête sur les allégations de corruption dans l’industrie de la construction, ainsi que dans les bureaux municipaux.
Mots clés Technorati : parlement québécois, enquête publique, industrie de la construction, éditorialistes, population du Québec, contrats municipaux, Jean Charest, Henri-Paul Rousseau, Caisse de dépôt et placement, PCAA, Comité des finances, Michael Sabia, Hydro-Québec, Denis Lessard, La Presse, taxe de vente
Lundi, 7 décembre 2009
Février 2007. Après un épuisant voyage (12 heures de vol et 10 heures d’attente à Amsterdam), me voici à Abu Dhabi où j’entreprends par une journée magnifique (35 dégrées, ensoleillé, et elles seront toutes comme ça) une visite de deux semaines des Émirats arabes unis(UAE). Après Abu Dhabi, ce sera bien sûr Dubaï.
Bien qu’il s’agisse d’abord d’un voyage touristique, j’étais muni de mon ordinateur portable et de mon carnet de notes, car étant alors à l’emploi d’un hebdomadaire financier québécois, je comptais bien en profiter pour rencontrer ces gens responsables de ce développement économique sans pareil, critiqué par plusieurs pour son extravagance, mais qui suscitait également, sinon l’envie, du moins la curiosité de bien d’autres.
Quelques semaines avant mon départ, j’avais eu la chance de rencontrer un émirati originaire de Dubaï qui retournait souvent dans les Émirats, car il gérait des fonds d’investissements à la recherche d’opportunités au Moyen-Orient. On avait dressé une liste de gens, au Département des finances, aux bourses d’Abu Dhabi et de Dubaï et à certains organismes à caractère économique. Mon contact disait bien les connaître, et qu’il serait facile de les rencontrer. Il pourrait même m’ouvrir les portes compte tenu qu’il serait sur place lors de mon séjour. Tout se présentait merveilleusement bien.
Mais une fois sur place, j’ai rapidement compris que la réalité allait être très différente. Tous nos efforts afin de réaliser ces entrevues sont demeurés vains. Chaque fois, c’était la même chose. On voulait connaître à l’avance et de façon précise les questions que j’allais poser. Un simple plan de conversation ne suffisait pas.
À la lecture des journaux et des magazines locaux, j’ai compris que c’était la façon de faire dans ce pays. Ces publications ne contenaient aucun reportage fait à partir d’entrevues dignes de ce nom. Que des déclarations générales ou anodines, et des questions-réponses montées de toutes pièces. Pas de réelle information, mais de la propagande. Pour un journaliste québécois habitué à la liberté de la presse et à la diversité des sources d’information, ce n’était d’aucun intérêt.
Les familles Al Nayan à Abu Dhabi et Al Maktoum à Dubaï contrôle l’information, comme tout le reste. Et ils le font avec l’arrogance des monarques d’une époque que l’on aurait crue révolue. Mais aujourd’hui, beaucoup de gens en payent le prix.
Au centre de la photo, la tête tournée vers la droite, on aperçoit Sheikh Khalifa Bin Zayed Al Nahyan, le maître d’Abu Dhabi et président de l’UAE. Sheikh Mohammad Bin Rashid Al Maktoum, le maître de Dubaï et vice-président de l’UAE, est celui qui porte la tunique noire.
![clip_image002[6] clip_image002[6]](http://jeangagnon.refletdesociete.com/wordpress-mu/files/2009/12/clip_image0026_thumb.jpg)
La communauté financière internationale vient d’apprendre à ses dépens comment ces gens traitent l’information. Mercredi dernier, dans un court communiqué, les dirigeants de Dubaï World, une société appartenant au gouvernement de Dubaï, ont annoncé qu’ils allaient repousser le remboursement de leurs dettes de six mois, afin de se donner le temps de restructurer la situation financière de l’entreprise. Pourtant, depuis le début de la crise, ces gens n’avaient cessé de claironner que tout allait bien. Et personne ne contestait ces déclarations. En fait, ici, personne ne conteste jamais leurs déclarations. L’information est entre leurs mains. Et ils la diffusent avec toute l’arrogance de ces gens qui croient ne pas avoir de compte à rendre à qui que ce soit. Cette nouvelle qui allait avoir l’effet d’une bombe sur les marchés financiers a été annoncée par voie de communiqué après la fermeture des marchés à la veille du plus important congé de l’année (4 jours) dans les pays islamiques du golfe persique, soit l’EID Al ADHA.
Mais cela me rappelle que chez nous aussi l’information de qualité devient parfois difficile à obtenir. Nous avons aussi nos maîtres qui croient que l’information leur appartient, ou qui se croient permis de dire n’importe quoi, avec la même arrogance. Les dirigeants d’Air Canada nous disent depuis des années que tout va bien aller. La Caisse de dépôt et de placement, pourtant les dépositaires de notre argent, limite les communications comme si la gestion de notre caisse de retraite devait être un secret d’état. L’Hydro-Québec s’est vu attribuer le prix de la noirceur par la Fédération professionnelle des journalistes du Québec pour la désinformation qu’elle a pratiquée au cours de la dernière année. Le gouvernement du Québec refuse toujours une Commission d’enquête sur les pratiques mafieuses de gens de la construction pourtant réclamée à grands cris par la grande majorité de la population.
Mots clés Technorati : Abu Dhabi, Dubaï, Émirats arabes unis, développement économique, hebdomadaire financier, Moyen-Orient, bourses, Al Nayan, Al Maktoum, Dubaï World, EID AL ADHA, Air Canada, Caisse de dépôt, Hydro-Québec, gouvernemnet du Québec, Commission d’enquête, caisse de retraite
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