Il est généralement reconnu que la bourse précède l’économie d’au moins six mois. C’est-à-dire qu’avant même que l’économie ne reparte, la bourse aura déjà remonté significativement.
Or, la bourse américaine s’est justement appréciée de 39 % depuis deux mois. En effet, l’indice S&P 500, qui était tombé aussi bas que 666 le 6 mars, a clôturé la séance du 9 mai à 929.
Source: www.Bigcharts.com
Cela permet-il de croire que l’économie sera en bien meilleur état vers la fin de l’année, et qu’alors la hausse de la bourse est justifiée et soutenable ? Devant les membres du Congrès le 5 mai, le président de la Réserve fédérale américaine, Ben Bernanke, a tenu des propos encourageants : ” Nous sommes confiants que nous retrouverons une croissance économique positive vers la fin de l’année “, dit-il.
Mais en scrutant l’ensemble des propos de M. Bernanke, on constate que l’argumentation en faveur d’une reprise économique soutenue à l’automne demeure mince. Les facteurs positifs sont les suivants, selon lui : les consommateurs semblent avoir repris quelque peu confiance et les baisses d’impôts favoriseront une augmentation des dépenses au cours des prochains mois. De plus, les prix des maisons neuves ou en revente semblent avoir cessé de baisser. Mais sur une note beaucoup moins encourageante, il fait aussi remarquer que les indicateurs disponibles concernant les dépenses d’investissement demeurent extrêmement faible.
La ligne rouge du graphique est la courbe de la moyenne mobile de 200 jours de l’indice. Cette courbe indique la tendance de l’indice. Bien que l’on constate que la hausse a permis à l’indice de se rapprocher de sa ligne de tendance, on ne peut ignorer que celle-ci continue de pointer vers le bas.
Le risque est grand que les investisseurs en bourse vivent une nouvelle désillusion d’ici quelques mois, si ce n’est quelques semaines. Bien qu’une poussée jusqu’à 950 sur le S&P 500, soit le niveau où passe actuellement la moyenne mobile, est du domaine des possibilités, il semble qu’il y ait plus à gagner à attendre un quelconque ressac.



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Hum peut on encore se fier à des signaux dans une crise de cette ampleur dont les causes sont multiples?
Ne serait pas de fausses annonces pour rassurer les actionnaires et les investisseurs probables?
Comme toujours avec cette économie nous restons dans le doute du possible, et le subjonctif prime toujours.
À Robin Drevet. Pas de doute que nous serons confrontés à de nombreux signaux contradictoires au cours des prochaines semaines et des prochains mois. Nous tenterons d’en documenter le plus grand nombre possible afin de vous aider à déceler les réelles tendances de l’économie et des marchés financiers. Bonne lecture.
À Raymond Viger. Il est sûrement troublant qu’un économiste de la notoriété de Paul Krugman considère que les tests de résistance que l’administration Obama a fait passer aux grandes banques américaines aient peu de valeur. Malgré toutes les doléances que l’on peut avoir envers les banquiers pour leur piètre travail des dernières années, la remise sur pied du système bancaire américain est un prérequis essentiel à la reprise économique américaine.
Bonjour M. Gagnon.
C’est effectivement très inquiétant de voir qu’un prix Nobel en économie questionne ainsi la qualité du travail de Barack Obama. Une action pour calmer les citoyens mais encore un coup d’épée dans l’eau trouble de la politique. Cela n’aide pas à donner confiance à la validité du travail politique.
Je suis surpris M. Gagnon de vous voir répondre sur ce billet pour parler de Barack Obama, sujet que vous aviez traité dans un autre billet: http://jeangagnon.refletdesociete.com/wordpress-mu/2009/05/13/il-faut-stimuler-beaucoup-plus-selon-paul-krugman/
Bonjour M. Gagnon,
A quoi correspond exactement l’indice S&P 500 ? Je ne suis pas férue d’économie, j’ai un peu de mal à saisir à quoi cela fait référence et quelle est la portée de ses remontée ou descente.
L’indice S&P500 est un ensemble formé des 500 plus grandes entreprises cotées à la Bourse de New York. Son utilité est d’informer de façon continue et en temps réel la valeur de l’ensemble de la bourse. C’est comme si l’on additionnait la valeur boursière de ces entreprises et qu’on disait : voilà la bourse vaut tant.
Ainsi, lorsque la valeur de l’indice S&P500 monte, cela veut dire que la bourse s’apprécie. et inversement. C’est un peu le baromètre de la santé financière de l’ensemble de l’économie.
Merci pour les éclaircissements
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[...] Gagnon a su piquer ma curiosité dès ses premiers billets. Quand la bourse a connu un prodigieux bond de 39%, Jean Gagnon nous a ramené sur terre en questionnant la [...]
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