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Le fragile avenir des journaux et de ses travailleurs

C’est connu, nos deux plus importants quotidiens appartiennent à de grandes sociétés. Power Corporation détient La Presse à travers sa filiale à part entière Gesca, et Quebecor le Journal de Montréal. Hier, les deux groupes tenaient au même moment leur assemblée annuelle. Questionnés sur les résultats de leur empire, nos barons de la presse, Pierre-Karl Péladeau et André Desmarais n’avaient sûrement rien d’encourageant à dire aux travailleurs des médias papier.

image À l’assemblée de Quebecor, on a appris que les revenus des publications de Sun Media ont chuté de 12% durant les 3 premiers mois de l’année. Pour faire face à cette situation, on mise sur la convergence. Cela veut dire que les artisans des journaux du groupe devront participer de plus en plus à la production de contenu destiné à l’internet et au sans-fil.

Mais comme cette réorganisation s’effectue alors que les journalistes du Journal de Montréal sont en lock-out depuis plus de trois mois déjà, il est à se demander ce qu’ils trouveront comme environnement de travail à leur retour lorsque le conflit de travail aura été réglé.

Quant à La Presse, les résultats financiers ne sont pas dévoilés, mais à voir le journal rapetisser de jour en jour, on se doute bien que les revenus publicitaires sont également en chute libre. Les propos du co-chef de la direction de Power, André Desmarais, sont sans équivoque. ” Pour les médias, ce sera extrêmement difficile, surtout pour ce qui est de l’écrit. L’avenir ne semble pas aussi prospère que l’a été le passé “, dit-il. Là aussi la migration du papier vers les autres plate-formes est inévitable. Le déploiement du portail Cyberpresse.ca le démontre d’ailleurs éloquemment.

13 commentaires pourLe fragile avenir des journaux et de ses travailleurs

  • Et comme on est 10 ans arriéré dans la vente sur le net, et qu’on commence à peine avec la musique, imaginons nos auteurs et écrivains, puisqu’aucune plateforme francophone digne de ce noms existent pour vendre en ligne des fichiers d’écrits…

    Je me demande si cela intéresserais Power Corporation et André Desmarais d’en créer une ? Monsieur Péladeau est trop concentré sur Julie Snyder, René Angélil et sa foutue convergence qui tue notre marché local (au profil des économies étrangères) pour regarder vers l’avenir!

  • Sommes-nous certains que la baisse de revenus reliés aux publicités dans les quotidiens est directement reliée à l’avènement du web? Le portail cyberpresse n’affiche que trois publicités simultanément. Comment les tarifs se comparent-ils (édition papier vs cyberpresse)? Est-ce que les publicités du portail sont aussi efficaces que celles qui apparaissent dans l’édition imprimée?

    Et la question qui tue: pourquoi Power Corporation se refuse-t-elle à publier les résultats financiers du groupe Gesca? Serait-il légitime de croire que les quotidiens de la famille Desmarais sont déficitaires? Dans l’affirmative, pourquoi un empire financier s’entête-t-il à conserver une compagnie déficitaire alors que sa mission est de “…faire fructifier l’avoir de ses actionnaires en assurant une gestion dynamique des investissements à long terme…”?

    Yves Michaud a tenté de forcer Power Corp à divulguer les résultats financiers de Gesca indépendamment de ceux de l’empire. La famille Desmarais a refusé. Peu importe si La Presse migre vers une plate-forme électronique ou non, la question à se poser est “pourquoi Power Corp tient-elle autant à conserver la mainmise sur ses journaux”? Poser la question c’est y répondre un peu, non?

  • Jean

    Excellent blog. En toute franchise,il serait difficile pour PKP de dire que tout va pour le mieux avec une grève sur les bras. Je ne crois pas que le Journal de Montréal et le Journal de Québec soient, pour l’heure, déficitaires. Il ne faut pas oublier que les exigences des actionnaires dépassent parfois la réalité économique d’une entreprise.

    Pierre R. Chantelois

  • Bonjour,
    Merci beaucoup de vos commentaires.
    Le WEB est sûrement une des raisons de la baisse des revenus publicitaires des journaux. Par ailleurs, je vous concède que la migration de ces revenus publicitaires du papier vers le WEB s’effectue de façon très lente, ce qui complique la problématique des journaux et de leur site WEB. On veut passer au WEB, ça coûte cher, mais les revenus ne suivent pas. Du moins pour l’instant, doivent se dire les éditeurs.
    Quant à Power Corp., l’impact des résultats financiers de Gesca sur l’ensemble de la société de gestion est marginal. Il est possible, sinon probable, que les quotidiens de la famille Desmarais soient déficitaires, comme vous le croyez. L’idée de ne pas vouloir publier les résultats relève beaucoup plus, selon moi, du désir de Paul Desmarais de conserver un caractère privée à cette entreprise que toute autre chose. Comme baron de presse, il a toujours été d’une grande discrétion.

  • Merci de vos bons mots.
    Pour ce qui est de Quebecor, n’oublions pas que les journalistes du Journal de Montréal sont en lock-out, et non pas en grève. La convergence que veut se donner Quebecor en est probablement à un moment crucial de son développement. Le fait que les journalistes soient sur le trottoir arrange peut-être l’entreprise, du moins pour l’instant. Ça m’attriste beaucoup, mais je crains que la rentrée sera pénible pour les employés en lock-out.
    Quant aux exigences des actionnaires, Quebecor agit comme ces autres entreprises québécoises dont la direction demeure sous le contrôle d’une famille, tel Bombardier, Groupe Jean Coutu, Transcontinental. On ne s’en préoccupe pas trop.

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