Lundi, 14 décembre 2009
La session du parlement québécois s’est terminée vendredi dernier sans que ne soit lancée une enquête publique sur les malversations de secteur de la construction, comme le réclamaient tous les parties d’opposition, tous les éditorialistes et chroniqueurs des médias, ainsi que probablement une bonne partie de la population du Québec. Comment cela se fait-il que dans une société démocratique comme la nôtre, l’actuel parti au pouvoir puisse réussir à ignorer les demandes de tant de ses commettants ? Comment sommes-nous devenus si résignés devant la volonté et les décisions de nos dirigeants ?
L’apparence de malversations dans le secteur de la construction, et principalement celle liée à l’adjudication des contrats municipaux, était sûrement suffisante pour qu’à tout le moins le gouvernement démontre une ferme volonté d’aller au fond des choses.
Et ce n’était pas la première fois cette année que le gouvernement s’esquivait devant une question embarrassante à laquelle tout le monde exigeait une réponse. Rappelez-vous la saga de la Caisse de dépôt et de placement en début d’année. Là aussi le gouvernement Charest a esquivé la question, se contentant de réunir pendant quelques jours le Comité des finances. Henri-Paul Rousseau a su être suffisamment théâtral quand il le fallait pour désamorcer le débat. Et le Comité a réussi à éviter les témoignages plus importants de certains personnages liés de près aux transactions de PCAA, tel Luc Verville, que les ténors de l’opposition réclamaient pourtant à grand cri.
Non seulement, les questions suscitées par les performances désastreuses de la Caisse n’ont pas trouvé de réponses, mais ce gouvernement s’est même permis de nommer un nouveau président, Michael Sabia dans la plus grande controverse, à la suite d’un processus de sélection faisant fi de toutes les règles de transparence que l’on était en droit d’attendre d’un organisme qui après tout devrait avoir des comptes à rendre à ses déposants. Là encore, Jean Charest et son équipe ont esquivé tous les coups. Et six mois plus tard, les résultats de la Caisse continuent d’être mauvais, Michael Sabia est confortablement installé dans le fauteuil du président, et les critiques se sont tues. Le même sort semble guetter l’enquête publique sur le secteur de la construction et les octrois de contrats municipaux.
Et il semble que cette façon de gouverner se poursuivra. En effet, Denis Lessard, journaliste à La Presse généralement très bien branché à Québec, écrivait vendredi dernier que le gouvernement Charest tiendra un sommet important sur les finances publiques autour du 21 janvier 2010. " Le premier ministre présidera l’évènement destiné à alimenter un débat déterminant sur le financement à long terme des services publics ”, écrivait-il.
Il y aura effectivement des décisions à prendre à Québec compte tenu de l’état des finances publics. Les choix risquent d’être douloureux. On pourrait être amené à augmenter de façon significative les tarifs d’Hydro-Québec. On pourrait aussi être amené à hausser la taxe de vente, pourtant déjà si élevée. Et ça alors qu’on entre au cœur des négociations de la prochaine convention collective des employés des services publics.
En politique, esquiver ça peut se faire de deux façons. D’abord, en ne tenant pas compte des critiques qui nous sont dirigés, mais aussi en faisant tomber la responsabilité de décisions impopulaires sur d’autres. Après avoir esquiver les coups au cours de la dernière année, le gouvernement du Québec se prépare maintenant des appuis pour expliquer des décisions qui seront sûrement impopulaires l’an prochain.
Notez que je ne suis pas contre la tenue d’un sommet sur les finances publiques. Mais j’aurais vraiment préféré qu’on le tienne après que l’on nous ait annoncé d’abord une enquête sur les allégations de corruption dans l’industrie de la construction, ainsi que dans les bureaux municipaux.



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Je crois que pour le moment, la meilleure façon de faire le ménage dans la corruption et la construction, c’est de laisser la police faire son travail et procéder à des arrestations. Ensuite, s’il reste des questions sans réponse, une commission d’enquête publique pourrait être nécessaire. Et je crois que ceux qui en veulent une immédiatement ne connaissent pas les limites des commissions d’enquêtes publiques ou bien justement les connaissent et savent savent que ça va leur profiter puisque ça va salir la réputation de personnes innocentes, comme la fait la commission Gomery, qui, rappelons-le, n’a permis aucune arrestation et n’a fait qu’accoucher d’un rapport que tout le monde a déjà oublié.
Pourquoi chercher à faire l’autruche?? On veut des services, bien, il faut les payer!! On peut pas tout avoir, le beurre et l’argent du beurre. Je trouve tout ça un peu malsain. L’opinion populaire prime sur l’Intérêt de l’État et dans une certaine mesure, je trouve ça nocif. Pourquoi ne parle t-on pas d’une hausse possible des frais de garde? Ha non, ça on peut pas toucher à ça, c’est vrai. Personne ne veut entendre qu’il faudrait l’augmenter..mais tout le monde s’en rends compte. Michael Sabia ne fait pas l’unanimité? On lui reproche de ne pas être québécois, ben voyons dont! Comme si l’expérience, les aptitudes et l’intelligence ne comptaient pas lorsque tu n’est pas québécois! Ridicule! On veut une commission d’enquête parce que tout le monde le dit alors pourquoi ne pas suivre? Ce qu’on peut être mouton au Québec. Je suis certaine que la moitié des personnes ne savent même pas ce qu’est une commission d’enquête. On ne parle pas que cela coûte des millions, que les personnes interrogées ont l’immunité et que le processus est long et ardu. On dirait qu’il n’y aucune confiance en ce qui concerne le travail des policiers. Peut-on les laisser faire leur travail en premier? Ben non, parce que les médias ont besoin d’une commission d’enquête pour faire imprimer des journaux ben nous on embarque là-dedans, sans problème. C’est plate de voir qu’au Québec l’opinion de tous et chacun l’emporte sur les responsabilités que nous avons envers notre propre société.